Sessions spéciales

SS 01: Au-delà de l’écart entre les genres. Les coûts économiques et sociaux de l’inégalité

Organisateurs: Marinela ISTRATE, Raluca Ioana HOREA ȘERBAN, Haralambie ATHES

En juin 2026, la directive (UE) 2023/970 entrera en vigueur en Roumanie ; il s’agit d’un projet de loi portant notamment sur la transparence salariale. Elle oblige les entreprises à garantir l’égalité de rémunération, à publier les critères de rémunération et à permettre aux employés de comparer leurs salaires afin d’éliminer toute discrimination. L’objectif principal est d’éliminer les écarts de rémunération (gender pay gap) entre les femmes et les hommes qui effectuent un travail égal ou de valeur égale. Le manque de transparence salariale a été identifié comme l’un des principaux obstacles à l’élimination de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, qui reste d’environ 11 %. Cela signifie que les femmes gagnent, en moyenne par heure, 11 % de moins que les hommes pour un travail identique ou de valeur équivalente (données Eurostat 2025), ce qui a un impact à long terme sur la qualité de vie des femmes, sur leur risque de pauvreté et sur l’écart persistant en matière de retraites, qui est d’environ 25 % dans l’UE.

Il est indéniable que, au cours des dernières décennies, des progrès significatifs ont été enregistrés en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Cependant, la Roumanie a encore un long chemin à parcourir. Les progrès ont été inégaux, la société roumaine a été confrontée à de nombreux défis, a fait un pas en arrière sur certains points et a mis en évidence à quel point le problème de l’inégalité entre les sexes est ancré dans la vie publique et privée. Bien que la Stratégie nationale pour la promotion de l’égalité des chances et de traitement entre les femmes et les hommes pour la période 2022-2027 ait été adoptée il y a trois ans, la Roumanie s’alignant ainsi sur les politiques européennes et internationales et bénéficiant de fonds européens pour des projets dans ce domaine, les résultats tardent à se concrétiser. On peut affirmer qu’au rythme où la société roumaine progresse dans l’élimination des écarts entre les sexes, les femmes en Roumanie continueront à être confrontées à de nombreux aspects de l’inégalité.

Cette session spéciale se propose d’examiner certains des défis les plus pressants dans ce domaine, tant d’un point de vue local que régional, national et européen. Nous aurons l’occasion de participer à des débats et des discussions sur les écarts salariaux sur le marché du travail, sur la présence des femmes dans la vie politique, universitaire et culturelle de la Roumanie, sur la pauvreté qui touche particulièrement les femmes, nous aborderons des sujets anciens sous un angle nouveau, en partageant nos propres expériences et en contribuant à faire avancer le débat sur l’égalité des genres.

SS 02: Aléas, vulnérabilité et risque de catastrophe à l’interface de la Géographie physique et de la Géographie humaine

Organisateurs: Cosmina ALBULESCU, Adrian GROZAVU, Ionuț MINEA, Marinela ISTRATE

Les risques naturels et anthropiques constituent des thématiques d’actualité aussi bien au sein de la communauté académique que dans les médias et la société civile. Cette visibilité croissante n’est pas fortuite: la fréquence et l’impact des aléas ont augmenté de manière significative au cours des dernières décennies, affectant négativement les communautés humaines, les infrastructures et les écosystèmes. Les risques résultent de l’interaction de trois composantes fondamentales: l’aléa, la vulnérabilité et l’exposition. La compréhension de cette triade conceptuelle requiert une approche transdisciplinaire, intégrant à la fois les perspectives propres à la Géographie physique et à la Géographie humaine.

La Réduction des Risques de Catastrophe (Disaster Risk Reduction) s’est constituée en tant que domaine scientifique et opérationnel précisément à l’interface de la Géographie physique et de la Géographie humaine, en tirant parti de la complémentarité conceptuelle et méthodologique de ces deux traditions de recherche. Dans le cadre de la recherche sur les risques, l’analyse des processus et des facteurs physiques qui conditionnent la survenue des aléas est inhéremment complémentaire à l’analyse des dimensions physiques, socio-économiques, culturelles et institutionnelles de la vulnérabilité. Cette convergence reflète une nécessité épistémologique réelle: le risque de catastrophe ne peut être compris, quantifié ou réduit en l’absence d’un cadre analytique intégré, englobant à la fois les dimensions physiques et sociales des systèmes exposés.

Cette session spéciale vise à réunir des chercheurs et des praticiens issus de la Géographie et des disciplines connexes afin d’explorer, de débattre et d’approfondir cette interface disciplinaire. La session se déroulera en roumain, en anglais et en français. Les contributions peuvent porter, sans s’y limiter, sur les thématiques suivantes :

  • Dynamiques et caractéristiques des aléas naturels ou anthropiques
  • Investigations multi-aléas axées sur les interactions entre aléas
  • La multidimensionnalité de la vulnérabilité
  • La dynamique de la vulnérabilité dans des contextes mono-aléa ou multi-aléas
  • Analyses de risque
  • Investigations multi-risques
  • L’impact des aléas naturels ou anthropiques
  • Analyses forensiques des catastrophes passées
  • Scénarios de catastrophe et outils de modélisation prospective

SS 03: Les transitions énergétique et numérique peuvent-elles sauver les territoires non métropolitains ou périphériques ?

Organizatori / Organisers / Organisateurs: Jean-Paul CARRIÈRE, Mario CARRIER, Abdelillah HAMDOUCH, Corneliu IATU

Sous l’effet combiné de la concurrence mondialisée depuis les années 1970, dans de nombreuses régions en Europe comme en Amérique du Nord et ailleurs, les territoires non métropolitains ou périphériques ont subi des vagues continues de désindustrialisation et d’effritement des bases de leur développement économique, voire de leur capacité à continuer de « faire territoire ». Alors que cette dynamique de déclin semblait, il y a quelques années encore, inéluctable, de nouvelles perspectives de redynamisation potentielle apparaissent désormais de plus en plus tangibles, notamment à la faveur des opportunités de réindustrialisation ouvertes par les transitions énergétique et numérique en cours. Elles offrent en effet à ces territoires des voies de « nouveau départ » via une diversification de leurs activités économiques se démarquant de leurs spécialisations initiales (diversification au moins en partie non liée). Que ce soit sous l’impulsion de politiques nationales ou régionales ciblées sur ces territoires, de l’action d’acteurs privés de ces secteurs souhaitant reconfigurer la localisation de leurs activités, ou plus vraisemblable d’une conjugaison de ces deux dynamiques, il semblerait qu’un mouvement plus favorable aux territoires périphériques ou d’échelle non métropolitaine se dessine aujourd’hui de plus en plus clairement dans certaines régions. L’une des explications pourrait être liée à la capacité de ces territoires à offrir des avantages de localisation basés sur des facteurs relativement traditionnels tels que la disponibilité de foncier en quantité et peu onéreux, malgré les exigences de sobriété foncière qui s’expriment à travers des restrictions réglementaires ou législatives ; ou encore la présence de maind’oeuvre qualifiée ou de ressources minières ou naturelles spécifiques, recherchées par les industries numériques et énergétiques.

Les communications attendues pour cette session spéciale pourraient autant contribuer à mieux conceptualiser ces dynamiques de diversification non liée qu’à illustrer par des cas empiriques des trajectoires territoriales permettant de mieux documenter ces processus de réindustrialisation « par le haut ».

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